Sylvain Combe

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SYLVAIN COMBE
Un créateur sans restriction

Quand on l’interroge sur le sujet, il déclare sans complexe être tombé dans la marmite de la couture et de la mode tout petit. A trois ans déjà, il drape ses nounours et à douze, il confectionne de bout en bout sa première robe... « Et tout s’est enchainé comme ça », dit-il sur un ton d’évidence. « J’ai commencé par travailler dans le prêt-à-porter. A 30 ans je suis entré chez Dior et à la quarantaine, j’ai voulu faire le point sur mes différentes passions. C’est là que l’envie d’ouvrir ma boutique est venue ».
Il est vrai qu’avec lui tout paraît si simple et d’une continuité déconcertante.


Dans son parcours, la robe de mariée est une sorte de repère. « J’en ai toujours fait. Au minimum quelques unes par an », reconnait-il. Fin 2003, c’est décidé : il se lance dans l’aventure de la robe du jour J. Côté finance, pour porter du Sylvain Combe, « c’est à partir de 2000 euros jusqu’à 4500 euros pour les plus belles robes ».

Sylvain Combe est un couturier qui a ses règles et il n’est pas près d’en déroger : « Je ne fais que des robes uniques et sur mesure, c’est mon parti pris ! ». Mais comment se passe une première rencontre avec le créateur ? « Le principe est très simple, dit-il, avant le premier rendez-vous, je lui demande de faire une recherche personnelle afin qu’elle puisse me parler du déroulement de son mariage, de ses envies, de ses rêves ». Le couturier juge que nous vivons une époque où les mariées se restreignent. Bien entendu, Sylvain Combe veut fuir les stéréotypes et toutes les demandes du genre « je veux ça ! » en sortant une photographie d’un magazine de mode. Clairement aux antipodes de cela, il affirme « vouloir ouvrir les horizons » de ses mariées. Si Sylvain Combe a un conseil à faire passer auprès de ses clientes, le voici : « Ne pas se contenter de ce que vous voyez ! ».
Alors forcément, en donnant ce type de conseil, le créateur sait qu’il s’expose à certaines réactions. « J’ai déjà eu des jeunes femmes qui sont venues me voir avec tout un classeur de couleurs, de formes, de textures à l’intérieur et qui me disent j’aime ça, ça. Et aussi ça. C’est un véritable challenge, avec comme base un patchwork un peu étrange qui part dans toutes les directions ». Sylvain Combe ne le dit pas mais c’est typiquement le genre de clientes qu’il aime : les horizons sont déjà ouverts !

Mais ne croyez pas qu’il vous fermera sa porte si vous venez effectivement à sa rencontre avec une gravure de mode dans votre sac. Au contraire, c’est une première piste de travail selon lui.
Étonnant, non ? « Vous voulez ça ? Mais qu’est-ce qui vous a plus dans ce modèle ? », vous répondra-t-il. De cet échange naitra probablement votre robe. Il vous parlera dans un premier temps de silhouette... plusieurs même ! Afin de voir laquelle sera « idéale et optimum» pour vous. Mais les sensations sont aussi très importantes pour le créateur. C’est même primordial pour le choix du textile selon lui. Vous avez peut-être envie du côté sensuel du satin qui coule sur le corps ou au contraire de vous sentir protégée par un carcan façon années 60. «Je creuse, je creuse, dit-il, afin d’être sûr que la femme que j’ai en face de moi me dise vraiment qui elle est ! A partir de là, je lui fais des croquis... et des devis ».

Et que se passe-t-il si la future mariée tient mordicus à une robe qui lui va comme un sac ? Là aussi, Sylvain Combe a une règle de conduite limpide : « je soulève tout de suite ce qui me semble choquant et si ma cliente insiste, je suis prêt à ne pas faire la robe ». Si le manque d’esthétisme est bel et bien un motif de refus pour lui, rassurez-vous, la couleur ne l’est pas. Rouge, noir, fuchsia... tout y passe !
Fort heureusement les situations conflictuelles entre le créateur et sa mariée n’arrivent pas souvent et l’agenda de Sylvain Combe est passablement bien rempli. Mesdemoiselles, pensez donc à ne pas vous y prendre à la dernière minute. « Aujourd’hui je réalise un maximum de quarante robes par an et je ne veux pas en faire davantage. Pour les mariages d’été, il faut compter six à neuf mois. En revanche, pour des mariages en décembre, le délai est beaucoup plus court : on peut commencer début septembre ».

Accompagné de ses « dix petits ouvriers » dit-il amusé en désignant ses mains, Sylvain Combe travaille seul dans son atelier/boutique aux ambiances très mariage à l’anglaise. Mais l’homme n’est pas que couturier. Penser ça de lui serait une manière de le faire rentrer dans une case, donc une grave erreur. A ses heures, il est aussi peintre, paysagiste, il aime également travailler le bois et l’argile. Bien sûr, ce sont des passe-temps personnels, mais ce n’est pas un dilettante pour autant.
Le dénominateur commun à tout cela reste sa vraie passion: le rapport tactile à la matière...

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