LAURINE MASSET
Une styliste sans tabou !
C’est en classe de seconde que Laurine Masset décide de faire carrière dans la couture. Après un double BTS de stylisme et de modélisme, la jeune femme se lance dans l’aventure en 2002. Pour elle, cette année marque la fin des études et le plongeon dans le grand bain de la création. Depuis janvier 2008, la couturière reçoit ses futures mariées dans sa propre boutique, rue de la Charité à Lyon.
Son objectif de toujours est de faire « un métier artistique qui puisse avant tout contenir du dessin ». Mais pourquoi se lancer d’emblée sur un créneau aussi particulier que celui de la fameuse robe de mariée ? Très honnête, la créatrice revient sur son parcours et reconnaît qu’au sortir de ses études, elle savait qu’elle voulait faire du stylisme mais n’avait pas d’idée précise sur la question : « Au cours de mes études j’ai travaillé dans la lingerie, dans l’industrie... et rien ne m’avait réellement emballée. C’est seulement lorsque je suis allé chez Frédéric Alzra que j’ai eu la sensation de mettre le doigt sur ce que je voulais faire ». Le côté artisanal de la pièce unique, voilà ce qui passionne la jeune créatrice de tout juste 30 ans.
Mais son univers ne se cantonne pas qu’à la robe de madame, Laurine Masset confectionne aussi des robes de cocktail et de cortège. Elle aime également aller au-delà et propose d’accessoiriser l’ensemble avec des sacs, des chaussures et tout ce qui peut aller autour d’une robe pour un tel événement.
Avec ses clientes, cela commence toujours par un échange. « On parle formes, effets de matières, tissus, envies aussi » dit-elle. Comme beaucoup dans son métier, Laurine Masset peut être confrontée à une demande précise sortie d’un catalogue. Dans ces cas-là, la créatrice répond sans détour que ce n’est ni plus ni moins que de la « contrefaçon ».
Forcément, elle s’y refuse. En revanche, aucun problème pour s’en inspirer. « Mais je suis créatrice avant tout, il faut aussi que le projet de robe soit intéressant pour moi ! ».
Laurine Masset a conscience de « toucher aux rêves » de ses clientes. « Il faut savoir leur parler avec douceur et délicatesse, mais si quelque chose ne va pas dans leur projet de robe, je n’hésite pas à le leur dire ».
Côté style, Laurine Masset s’inspire des cultures qu’elle rencontre lors de ces voyages à travers le monde. Elle aime les demandes qui sortent de l’ordinaire, « pour des clients fans du Japon, j’ai réalisé un kimono pour madame et un hakama pour son futur mari ». Quand on commence à pousser la porte de ce type de confections qui sortent des sentiers battus, cela se sait. « Pour un autre mariage, dont le thème était le médiéval / fantastique, j’ai crée une robe elfique que Galadriel aurait pu porter », dit-elle. « J’ai même eu une cliente qui est venue me voir en étant persuadée que j’allais la prendre pour une folle. Elle souhaitait que je lui fasse la réplique exacte d’une robe de mariée présente dans un jeu massivement multi-joueurs en ligne. J’adore ! ».
Très représentatif de son esprit hors normes autour du mariage, la jeune femme avoue son faible pour une matière atypique : « le cuir ! ». Elle s’explique sans détour, ni hésitation : « parce que ce n’est pas fait pour faire des robes de mariée. Je n’ai pas de tabou. S’il faut faire une robe de mariée en fil barbelé ou en latex, je le ferai. Il n’y a pas que le tulle, la dentelle et la soie dans la vie. Certes ce sont de très belles matières et j’adore les travailler, mais si je peux faire autre chose avec : allons-y!».
Bien entendu, il faut un minimum de temps pour réaliser ce genre de demandes pour le moins précises. « Six mois c’est bien » répond-elle « si on peut avoir plus c’est même mieux. En dessous, ça devient difficile ». La créatrice aime voir ses clientes quatre à cinq fois pour confectionner une robe.
Pour le budget, les créations signées Laurine Masset sont à partir de 1200 euros. « Après, tout dépend du modèle, des matières utilisées, du temps de travail et des finitions ». Enfin, toujours côté chiffres, après deux ans et demi d’existence, la couturière réalise une moyenne de 50 modèles par an et n’a, pour le moment, pas forcément envie d’aller au-delà. « Je ne veux pas devenir une industrie. Mon but est de rester proche de mes clientes et de me faire plaisir au quotidien ». Pour Laurine Masset, accompagnée de ses deux assistantes -Safia et Audrey-, le rythme de croisière est donc atteint !
Laurine Masset
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