Interview •••
CHRISTEL MAUVE
L’importance de l’instant
C’est à treize ans que Christel Mauve fait ses premiers pas dans la photo lorsqu’on lui offre un Instamatic Kodak. Pendant des années, ce petit appareil lui sert à photographier tout ce qui l’entoure.
Tout en suivant l’évolution technologique et son propre chemin artistique, la tentation de passer pro se fait sentir... Heureusement, elle se jette à l’eau en 2001 avec une première exposition sur les pentes de la Croix Rousse. De sa formation d’autodidacte, Christel Mauve garde un esprit curieux de tout.
MDC. Qu’est-ce qui vous a fait débuter dans le mariage ?
Christel Mauve. Un heureux hasard ! (Elle rit. ndr) Ce que j’aime dans ce type de reportage, c’est que ça touche à tout ce qui m’inspire dans la photographie : le portrait, l’action, l’émotion, la beauté, concentrés sur une seule journée. Il y a aussi la notion de « fixer le temps » qui m’est très chère, afin de pouvoir me dire que lorsque l’instant est passé : « Ca a existé ».
MDC. Mais vous ne faites pas que de la photo de mariage ?
Christel Mauve. Non, je ne me cantonne pas qu’à ça. Je fais également du reportage culturel et d’entreprise, du portrait... Des photos d’architecture aussi.
MDC. Cette diversification des genres est-elle une réelle volonté de votre part ?
Christel Mauve. Oui, parce que j’aime explorer d’autres aspects de la photographie, qui est pour moi un support et un moyen d’expression.
MDC. Comment définiriez-vous votre style ?
Christel Mauve. A mi-chemin entre l’intime, la fraîcheur et le vif des évènements. Je cherche à retranscrire le plus fidèlement possible l’action. Ce que je veux dire, c’est que tout se passe devant nous, alors pourquoi ajouter des « effets » ?
MDC. La relation avec vos mariés est-elle importante à vos yeux ?
Christel Mauve. Bien sûr, je cherche à créer un lien avec eux. J’ai envie de savoir ce qu’ils veulent et le fait de les connaître avant le jour J élimine une distance qui serait nuisible pour la qualité de mon travail. S’ils me connaissent, ils auront forcément moins « peur » de mon appareil et les regards entre nous, mais aussi entre eux, seront plus complices.
MDC. Côté conseils, si vous en aviez un à donner aux futurs mariés, lequel serait-il ?
Christel Mauve. Prenez votre temps au moment d’entrer dans l’église ou d’échanger vos alliances. (Rire. ndr) Ne stressez pas. Ce sont des moments tellement intenses, alors pourquoi se presser ?
MDC. Signer avec Christel Mauve, c’est l’assurance de l’avoir en personne le jour J ?
Christel Mauve. Oui, car je ne suis pas une enseigne…. Je travaille en solo, avec éventuellement un assistant quand il s’agit d’un reportage plus conséquent.
MDC. D’ailleurs beaucoup de photographes mettent en avant leurs propres noms. Vous, vous avez préféré créer votre structure : « Le Songe du Miroir ». Pourquoi ?
Christel Mauve. Il me semblait important d’avoir un nom évocateur de la photographie tout en impliquant une part de merveilleux. Dans « Le Songe du Miroir », il y a le mot miroir qui est une pièce interne d’un appareil photo reflex. Quant au songe, il fait appel à la réflexion, et au mystérieux…
